Retraites

Retraites

Lundi 3 février il y a eu une très importante manifestation des

avocat.e.s et de professions médicales et para médicales contre

la « réforme » des retraites.

Pourquoi lie-t-on la grève féministe et le mouvement social contre les retraites ?

Pourquoi lie-t-on la grève féministe et le mouvement social contre les retraites ?

Parce que la retraite amplifie les inégalités existant avant.

Les femmes gagnent 25% de moins que les hommes dans leur vie

professionnelle et leurs retraites sont 42% inférieures à celles des hommes.

37% des femmes (15% des hommes) ont moins de 1000 euros bruts de retraite.

Elles sont donc avant tout moins payées que les hommes car les métiers dits

« féminisés » sont considérés comme moins qualifiés. Souvent il est dit que

les femmes y développent leurs capacités « naturelles » comme dans

l’éducation ou le soin.

Elles se voient imposer des temps partiels et, de ce fait, elles cotisent moins.

Elles s’arrêtent pour élever les enfants et malgré les majorations de durée

d’assurance de 8 trimestres, elles perdent souvent des trimestres de

cotisation. Elles s’arrêtent aussi car il n’y a pas toujours de mode de garde

des enfants possible. Il n’existe pas de service public de la petite enfance, les

places en crèche sont en nombre bien insuffisant et ce sont les femmes qui

y pallient.

Il n’existe pas plus de service public de prise en charge de la dépendance

pour les personnes âgées et là aussi ce sont les femmes qui sont en

première ligne.

Bref, tout les inégalités que nous dénonçons dans la vie active se retrouvent

à un niveau bien plus important à la retraite.

La grève féministe est un tout.

On continue à se battre contre la « réforme » des retraites !

Macron l’a dit lors de ses voeux de fin d’année : il restera inflexible sur sa

réforme des retraites. L’année 2020 commence donc dans la lutte avec un

président qui s’est mis en tête de liquider tous les acquis sociaux.

On sait que cette réforme dégradera encore un peu plus la situation des

femmes car la retraite amplifie les inégalités dans la vie professionnelle.

La retraite à points, qui porte sur la totalité de la carrière, implique que

seront prises en compte toutes les « mauvaises années ». Ces années où les

femmes se sont arrêtées pour garder les enfants, ces années où elles étaient

à temps partiel, au chômage, où leur salaire était particulièrement bas, etc.

Ces années là ne sont pas prises en compte à l’heure actuelle puisque l’on se

base sur les 25 meilleures années dans le privé et les 6 derniers mois dans

le public.

On sait aussi que sur les « droits familiaux » les mères de 3 enfants seront

perdantes.

Autre régression : le projet prévoit que les pensions de réversion (les

femmes en sont 90% des bénéficiaires car elles vivent plus longtemps que

les hommes) ne seront plus versées qu’à 62 ans alors qu’elles le sont en

majorité à l’heure actuelle à 55 ans. En outre, le droit à la réversion

disparaît pour les personnes divorcées ou remariées.

Bref, nous ne disons pas que le système actuel est bon mais il n’est nul

besoin de passer à la retraite à points pour le corriger. On contraire, les

inégalités vont s’accentuer.

C’est pour cela que les féministes organisent des cortèges féministes et/ou

des « points fixes » dans toutes les manifestations en France contre la

réforme des retraites. Et elles le feront de nouveau le 9 janvier !

La meilleure façon de préparer la grève féministe du 8 mars, c’est de gagner

sur les retraites.

Le 8 mars, c’est une journée de luttes !

Le 8 mars ce n’est pas la « journée de LA femme ». Ce n’est pas la journée où

on « célèbre » les femmes, où on offre une rose. Le 8 mars est une journée de

luttes.

La date du 8 mars en tant que  » Journée internationale des femmes » a été

décidée en 1910 lors de la la Conférence internationale des femmes

socialistes menée par la militante Clara Zetkin. Le 8 mars 1917, des

ouvrières de Pétrograd, en Russie, se mettent en grève, événement

précurseur de la Révolution russe.

Ce sont les militantes féministes contemporaines du Mouvement de

Libération des Femmes qui remettent en 1975 le 8 mars à l’honneur alors

que l’ONU a décrété 1975 « année internationale de la femme », grossière

caricature de notre combat. L’ONU institutionnalisera le 8 mars en tant que

 » Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix

internationale  » deux ans plus tard. La date est adoptée en France en 1982.

Le 8 mars n’est pas pour nous une journée institutionnelle. C’est une

journée où les féministes se mobilisent pour visibiliser les luttes qu’elles

mènent tous les jours.

Mais c’est un dimanche …..

Mais c’est un dimanche …..

Oui en 2020, le 8 mars est un dimanche. Mais de nombreuses professions

travaillent le dimanche. Dans les hôpitaux, les transports, la culture, et leur

travail est indispensable.

Mais il y a des professions où le travail le dimanche n’est pas indispensable,

dans le commerce par exemple. Et ce sont souvent des femmes précaires

qui y travaillent. Et c’est Macron qui a instauré la généralisation du travail

du dimanche alors qu’il était ministre de l’économie. Sa contre réforme des

retraites va dans le même sens de destruction des acquis sociaux. Il

s’attaque à tout ce qui constitue notre bien être : le repos du dimanche et la

retraite, repos dans la vie après de nombreuses années au boulot.

Le dimanche, c’est aussi le jour où les femmes en grande majorité font les

tâches dites « domestiques », non rémunérées : le ménage, la cuisine, parfois

pour tout la semaine, les courses. On veut partager ces tâches là.

Comme l’éducation des enfants. S’occuper des enfants ne consiste pas

seulement à jouer avec eux quand on revient du boulot. C’est aussi se lever

la nuit pour changer les couches et puis plus grand.e.s s’occuper des

devoirs, les emmener chez le médecin, aller aux réunions de parents

d’élèves. Et ce sont les femmes qui font cela en grande majorité. Avec toute

la charge mentale que cela implique. Les femmes sont de grandes

logisticiennes. Le dimanche c’est souvent la course aux devoirs pas faits,

aux vêtements pas prêts….

A propos de courses, le dimanche peut être un jour de grande

consommation : on va par exemple au marché. Nous proposons de cesser

de consommer le dimanche 8 mars car la consommation est souvent

débridée dans le système capitaliste prédateur de la planète.

Bref, il y a mille et une raison de se mettre en #grèveféministe le 8 mars

même si c’est un dimanche. Et si c’est péchu, le lundi on continue……